Tuesday, October 17, 2006

thinking...

Les différents problèmes auxquels doit faire face la planète aujourd’hui ( réchauffement climatique, aggravement des écarts entre riches et pauvres, pénurie de matières premières…) font du développement durable une solution plus que souhaitable. A ce concept, pour la première fois cité dans le rapport de la commission Bruntland en 1987, on associe dans le domaine de l’entreprise celui de « RSE » ( Responsabilité Sociale de l’Entreprise). Nombreux sont les détracteurs de ces nouvelles approches pour l’entreprise : Il ne s’agirait là que d’opération Marketing, ou bien d’une simple mode. Heureusement, ces reproches n’ont pas vraiment lieu d’être grâce à une vigilance accrue de la société civile, des associations et ONG (telles que GreenPeace, ou WatchCorp), qui ne se privent pas de dénoncer ceux qui disent et ne font pas, plutôt que ceux qui font mal (comme c’était le cas autrefois ; leur rôle a évolué). La RSE quand elle atteint un secteur n’est plus un choix : elle devient un facteur de compétitivité. Les entreprises progressent donc dans nombreuses de leurs pratiques, ce qui est positif. Ce qu’il est possible de leur reprocher, c’est de n’être responsable que de ce dont elles veulent bien être responsables ; et de leur demander si cela est effectivement de la responsabilité à proprement parler.

Au fil des conférences entendues, il apparaît que :
- La RSE part seulement de quelques personnes dans l’entreprise : il peut s’agir des directeurs Développement Durable (lorsque le département est créé) ou directement, des hauts responsables.
- L’ensemble des acteurs et l’ensemble des niveaux de l’organisation ne sont donc pas forcément impliqués et enclins à mettre des directives qu’ils ne comprennent pas en action.
- Les initiatives d’éco conception, de fabrication de produits verts, etc. ne sont pas forcément couronnées de succès. Le consommateur ne choisira pas automatiquement l’ampoule éco conçue même si elle coûte le même prix.

Nos chefs d’entreprise font donc des efforts de recherche dans le bon sens, mais les pauvres, ils restent incompris du vilain consommateur ! Mais qui donc est-il ce consommateur sinon le même employé qui applique les directives d’en haut sans vraiment les comprendre ?
Une vraie forme de responsabilité ne consisterait-elle pas, avant toute chose, à former, sensibiliser ces travailleurs/consommateurs/citoyens, dont l’entreprise est la forme d’organisation la plus proche ? A la charge de l’école, de former les travailleurs/consommateurs/citoyens de demain. Et alors, il s’agira bien de responsabilités partagées. Déjà certaines grandes entreprises (Deutsche Bank, Timberland, Aviva, Marks & Spencer, KPMG, etc.), permettent à leurs employés de se sensibiliser au travers du Community Involvement : Il s’agit d’accorder quelques jours par an à un employé et de lui proposer de participer ces jours-là, tout en étant payé, à des chantiers sociaux ou écologiques. Et même sans aller jusque là, parce que ceci représente un coût non négligeable, l’entreprise en France doit consacrer 1,2% de son budget à la formation chaque année (reportable sur les années suivantes), pourquoi ne pas dédier sur quelques années ce budget à l’achat de conférences, de workshops liés au Développement Durable.

Dans le succès de cet échafaudage que l’on tente d’ériger, comme toujours, la solidité de la base est primordiale. Elle dépend sûrement ici pour beaucoup, de la compréhension qu’en aura chaque moellon.
Dilemme : comment faire accepter cette idée ? Une idée dont on ne voit pas les fruits à 6 mois ou un an ?

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